Cette semaine, je suis allée voir " La Chasse".

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Ce film a fait parler de lui au dernier Festival de Cannes car l'acteur principal, Mads Mikkelsen, a reçu le prix d'interprêtation masculine pour le rôle qu'il y tient.

En quelques mots, c'est l'histoire d'un homme " normal", vivant dans une petite ville danoise. Divorcé, il vit seul, et a retrouvé du travail dans un jardin d'enfants, après avoir perdu son travail dans un établissement d'enseignement. Il se bat que son fils puisse venir vivre avec lui, comme il le souhaite, et vient de recontrer une jeune femme. Sa vie se partage entre son travail, et ses parties de chasse et de beuveries avec un groupe d'amis. Et puis un jour, la petite fille de ses meilleurs amis l'accuse d'attouchements et une spirale infernale se met en route. Immédiatement, il est condamné par la communauté dans laquelle il vit, la parole de l'enfant, amplifiée par les adultes, ne pouvant une seconde être remise en doute.

C'est un film assez fort, car lorsque le générique apparaît à l'écran, on reste un temps sans bouger, sans voix.

J'ai lu ensuite des critiques qui lui reprochent son traitement, d'avoir négligé certains aspects comme le rôle des premières personnes qui ont relayé la parole de l'enfant.

Je pense que c'est tout simplement un problème de perspective et sans doute de point de vue de l'auteur. Le film est tourné , presque caméra au poing. Il semble que  certaines séquences fassent parfois penser à un documentaire, pris sur le vif, tant l'image est "imparfaitement" cadrée, tant on a l'impression d'être un voisin témoin de la scène. J'ai donc choisi de regarder le film ainsi.

Alors on le voit comme un réquisitoire contre la rumeur, contre la vindicte populaire qui condamne immédiatement. Sans doute parce qu'il est question de pédophilie, qu'un enfant est victime et qu'un enfant ne peut mentir.

Le héros du film est pris dans le piège de cette vindicte, de cette hystérie collective qui se veut justicière et qui est sûre de son droit.

On s'étonne un peu de l'absence des institutions publiques, qui ne seront présentes dans le film qu'un court moment. C'est là où cela me dérange...le temps de réaction des institutions officielles.

Le héros sera innocenté officiellement , bien avant d'être reconnu tel par les gens de sa communauté....à moins que? C'est la question que semble poser la dernière scène du film.

Ce qui m'a étonnée dans l'histoire, mais c'est le choix du scénariste, c'est la faculté de pardon de cet homme si injustement accusé.

Pendant toute la projection, je n'ai pu m'empêcher de penser à un film français vu l'année dernière " Présumé coupable", avec Philippe Torreton, basé sur la réalité de l'affaire d'Outreau. Ce film m'a paru plus fort , car beaucoup plus dérangeant par les questions qu'il pose.

En ce qui concerne " La Chasse", je ne sais pas si je recommanderais d'aller le voir...si ce n'est peut être pour la performance de l'acteur principal, récompensé à juste titre par ce prix.

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 Je voulais aller le voir jouer dans un tout autre registre, dans "A Royal Affair", mais je n'en ai pas encore eu l'occasion. Bientôt peut être...

Le cinéma est divers, et c'est ce qui fait sa richesse.